Sinik : « Ballon d’or » 2009
Poster décembre 1, 2009

Après plusieurs mois passés sur les routes suivis d’une année sabbatique, un street CD et un album commun avec Diam’s annulés, le rappeur français Sinik est de retour avec un quatrième opus « Ballon d’Or ». « La Main sur le cœur », double disque d’or 2005. « Sang froid », double disque d’or 2006 ; « Le Toit du monde », double disque d’or 2007 : en trois albums, Sinik s’est installé comme l’une des valeurs sûres du rap hexagonal. Dans ce nouvel opus, l’artiste a retrouvé un rap rageux et clasheur, toujours aussi percutant, bien que Sinik n’en demeure pas moins un homme apaisé par la paternité. Ce disque replace le rappeur au premier plan du rap-business.
Sinik conserve les atouts qui ont fait son succès jusqu’à maintenant, des thèmes forts et des histoires poignantes, à l’instar des titres comme « Mauvaise graine », chronique d’une jeunesse malheureuse ou « Le Banc des accusés », itinéraire d’un condamné du tribunal à la prison. Le rappeur reste fidèle à ses idéaux, bouillant, révolté mais également réaliste et sensible. Comme le nom de l’album l’indique, le rappeur fait quelques clins d’œil à son sport fétiche, le football sur un « 4-4-2 » entre humour et dénonciation du système, puis lance un appel à la fraternité entre la France et l’Algérie (monsieur est d’origine kabyle) dans « Gladiateurs ».
« Ballon d’or » a été annoncé en grande pompe, d’autant qu’il est présenté comme le dernier disque de l’artiste. Cet album fera parler de lui pour son contenu inédit, à la pointe de la modernité, puisqu’il a été pressenti comme une grande première de l’industrie musicale. En effet, il intégrera notamment une nouvelle technologie qui s’appelle la « réalité augmentée », un système de reconnaissance d’image qui sera appliqué à plusieurs éléments, comme la pochette et les pages du livret, et lancera un accès à du contenu exclusif pour tous les acheteurs de l’objet.
Sinik, de son vrai nom Thomas Gérard Idir, est considéré dans le milieu du rap comme l’un des « poids lourds ». Il rencontre à l’âge de 14 ans la future rappeuse Diam’s qu’il considérera comme sa petite sœur. Puis il tombe peu à peu dans la délinquance, manifestant notamment une haine envers la police (malgré le fait que sa sœur soit fonctionnaire de police), d’où des participations à des émeutes et violence contre les forces de l’ordre, ainsi que des trafics en tout genre (drogue et armes), ce qui lui a valu un an d’incarcération. Il parlera fréquemment de ces excursions (« D3.3.2. », « Dans le vif ») et rendra hommage dans de très nombreux morceaux à ses amis, morts par balles.

